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Aide personnalisée, Gestion de classe

Bilan de trois années de plan de travail

Cela fait maintenant trois ans que je me creuse la tête et que je réfléchis à la mise en place d’un travail différencié notamment au travers du plan de travail et voici un petit bilan de cette expérience :

1) Il faut vraiment être dans l’esprit classe coopérative.

Lorsque j’ai commencé l’aventure, j’étais un peu frileuse mais tout de même réaliste sur le fait que tous les élèves n’avancent de la même manière. Le meilleur moyen qui m’est apparu à l’époque pour combler les manques tout en satisfaisant les meilleurs était le plan de travail. Gestion individuelle du temps, travail adapté à leur niveau. Voilà qui était fait pour moi !  Mais à côté de cela, j’avais conservé des séances collectives de découverte en français et en mathématiques.

Dans un premier temps, le plan de travail comportait uniquement des exercices de réinvestissements des notions vues. La seule différenciation, finalement, était dans la gestion du temps de chaque exercice. Les plus rapides avaient plus d’exercices à faire que les autres et la difficulté était croissante. Dans l’idée : les meilleurs faisaient progressivement des exercices plus difficiles et les moins bons, les plus simples.

Toutefois, je ne pense pas que les plans de travail ont été créés dans cet esprit. A la base, les plans de travail sont créés à partir des réussites ou pas des élèves. De plus, les classes coopératives ne fonctionnent pour ainsi dire qu’en plan de travail.

2) Les ceintures Pidapi

Cette première façon de faire me satisfaisant moyennement, j’ai adopté les ceintures Pidapi. C’est un outil adapté pour tout le cycle mais, comme j’étais la seule à faire ce système, je reprenais tout depuis le début à la ceinture jaune. Après un certain temps où je remplissais les plans de travail, mes élèves prenaient petit à petit leur marque et remplissaient eux-même leur plan de travail.

J’ai continué cette année mais arrivée en février, j’avoue que je suis moins convaincue. Je m’explique : les élèves passent leur pré-ceinture puis s’entraînent sur les exercices qu’ils ont râté. Pour cela, ils font d’abord une partie « qu’est-ce que je sais faire » qui cible précisément leur besoin. Mais surprise ! A chaque fois, ils y arrivent sans souci, ne font pas la partie « entraînement » et passent donc le test associé. (Je pense que la partie conseils qui est en dessous aide aussi) De fait, ils ne s’entraînent quasiment jamais. J’en arrive à des cas où la compétence est très vite validée mais sans être certaine qu’elle est vraiment stable. Une façon de résoudre ce « problème » serait donc de ne plus faire le « qu’est-ce que je sais faire » et faire la partie « entraînement » avant le test.

Oui mais voilà, en lisant des articles récemment sur les cahiers de réussites ou cahiers de progrès, j’ai eu le sentiment d’être à côté de la plaque. Pidapi est un bon outil mais la manière dont je le pratique ne me convient pas. Pourquoi ? Normalement, je me sers également des ceintures pour remplir au plus juste les livrets de mes élèves. Mais, comme je n’ai rien informatisé, j’avoue que c’est compliqué de les remplir (je ne connais pas toutes les compétences de chaque ceinture).

De plus, la progression des ceintures ne suit pas celle de ma classe et aborde donc des compétences parfois complètement décrochées. (Ce qui complique le remplissage du livret…). J’en reviens à mon idée de cahier de réussites. Dans l’esprit, les plans de travail ciblent les besoins des élèves et proposent un travail adapté. Ils doivent permettre aux élèves d’acquérir des compétences en leur accordant plus de temps que dans un système classique et de se voir ainsi progresser. Or, s’il n’y a pas vraiment de liens entre les apprentissages et le plan de travail, je ne pense pas que les élèves y voient beaucoup d’intérêt. J’étais contente cette semaine lorsqu’un de mes élèves très en difficulté m’a demandé une figure géométrique car il avait vu qu’il avait dû mal à reproduire une figure à base de cercles.

3) La gestion des comportements.

Même si mes élèves aiment beaucoup ce système, certains sont incapables de gérer leur autonomie prenant les temps de T.I pour des heures de détente. Même sous forme de travail dirigé où j’impose les exercices à faire tous les jours, quelques irréductibles me rendent copie blanche. Malheureusement, ils profitent du fait que les autres me sollicitent pour se la couler douce. J’en suis arrivée à un stade où les meilleurs ont décroché leur ceinture marron quand les autres sont encore à la orange.

Le problème de motivation vient peut-être du fait qu’ils n’en voient pas l’utilité. J’en reviens toujours à mon histoire de cahier (classeur) de réussites.

4) La forme du plan de travail

Là aussi, beaucoup de difficultés pour trouver une présentation qui me convienne. J’ai toujours fixé le plan de travail sur deux semaines. Les exercices étaient donc pré-inscrits. Mais en voyant la difficulté de certains à gérer le nombre d’exercices, la mauvaise volonté de certains, je me suis demandée si la formule sur deux semaines étaient la bonne. J’ai donc réfléchi à une autre solution qui permettrait aussi de réajuster le plan de travail en fonction des efforts fournis. Je m’explique : si le plan de travail n’est pas terminé, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on les menace (ce n’était pas le but visé)? Est-ce qu’on demande de le terminer à la maison (mais l’élève se retrouve à nouveau seul face à l’exercice et peut-être à la difficulté) ?

Ne trouvant pas de solution satisfaisante, une conférence pédagogique m’a donné un début de réponse :

Un professeur qui pratique la pédagogie Freinet depuis 20 ans présentait son fonctionnement (en particulier pour la production d’écrits). Son plan de travail est une simple feuille A4 pliée en quatre (une partie = un jour). C’est l’élève qui écrit chaque jour ce qu’il prévoit de faire dans la journée. En fin de journée, un temps de bilan est prévu pour voir si le contrat est rempli ou pour voir si l’élève n’a pas été trop ambitieux. On essaye de comprendre pourquoi tout n’a pas été fait. Ce qui n’a pas été réalisé est reporté au lendemain. C’est pourquoi je disais en petit 1 qu’il faut avoir l’esprit coopératif. Beaucoup de dialogue, de conseils de coopérative sont nécessaires pour mettre en place ce système. Bien sûr, je pratique aussi les conseils de coopérative mais une fois par semaine et pas de la même manière.

Vous allez me dire, mais ouh là là ! Il y a  beaucoup de points négatifs. Ce que je vous présente, c’est tout un cheminement de pensées. Mais, pour rien au monde je ne ferai marche arrière. Je ne peux pas fermer les yeux sur les difficultés des élèves et me dire : il faut que je continue, il y a le programme à terminer. On sait bien que les apprentissages sont longs à mettre en place. Plus pour certains que pour d’autres. Et puis, il y a les élèves qui étaient contents d’avoir leur ceinture bleue ou marron. Les meilleurs qui y trouvaient leur compte car ils abordaient certaines notions (comme les pourcentages, les échelles…) qui sont peu étudiées.  Le tout, c’est de trouver une formule qui me convienne. C’est comme pour les élèves, il faut être persévérant. Mais j’ai ma petite idée là-dessus… Suite au prochain épisode 😉

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Discussion

3 réflexions sur “Bilan de trois années de plan de travail

  1. Merci de partager ce retour d’expérience. Personnellement je ne travaille pas par plan de travail, je fais des ateliers mathématiques et vais revoir mes ateliers de lecture ( je vais ajouter un atelier « ROLL » ) pour améliorer le niveau de certains de mes élèves et je vais essayer aussi de mettre un atelier en EDL avec la méthode Picot. Comme toi je suis en pleine recherche/réflexion, je serai tentée par les PDT mais je ne suis pas assez organisée et j’ai peur que cela me prenne beaucoup trop de temps!
    bonne recherche/réflexion !

    Publié par djenny.99 | 23 février 2014, 00:17
    • Merci pour ton commentaire. Ton organisation en ateliers m’intéressent car je voulais tester cela après les vacances. Je travaille également avec la méthode Picot. Comment vois-tu cela ?
      Pour les PDT, je te rassure, je suis plutôt du genre bordélique mais je me sens sors 😉 En revanche, c’est vrai que ça prend beaucoup de temps, surtout la première année lorsque tu dois mettre en place tous les outils. C’est pour cela que je disais que c’est un esprit et que le PDT fait partie d’un tout. Sinon, ça ne marche pas comme cela devrait. Mais j’ai une idée sur la manière de l’organiser autrement. Je dirai tout cela dans un article cette semaine. 🙂

      Publié par lezebulon | 23 février 2014, 12:27
      • Je pense que le PDT sera mon prochain défi dans… 10 ans! lol Avant j’aimerais surtout trouver le « bon » fonctionnement pour mes divers ateliers pour que chacun de mes élèves progresse ou renforce ses acquis en prenant du plaisir. Il me faut être plus rigoureuse au niveau de la gestion du temps quand je fonctionne en atelier (pourtant je prévois large). Pour l’EDL avec Picot je pense le mettre en place à ce qui correspondrait au « 3è » jour sur l’analyse de la phrase. Les jour 1 et 2 étant sur le texte et les transpositions. Je ne suis pas exactement la « méthode » à savoir que je ne fais pas les collectes car cela me prenaient trop de temps et demandaient beaucoup trop de photocopies et de cahiers. Mais je fais un mixe à l’oral avec de l’explicite. Je donne le texte et les questions qui correspondent à faire à la maison en devoir et maintenant en plus je fais souligner les verbes conjugués en demandant pour chacun l’infinitif et le groupe. Comme ça fait beaucoup je donne le texte le vendredi soir pour le lundi. Mais ils ont l’habitude de rechercher les verbes conjugués, on l’a beaucoup travaillé en classe ensemble donc en principe c’est acquis !! Donc le « 3è » jour je ferai des ateliers un groupe en exercices Picot ou autres, un autre aux jeux ( cartacharis, jeux d’Eilathan29 ou de Mallory….) et le dernier groupe avec moi. Pour ce travail je vais sûrement utiliser la grammaire en couleur pour que cela soit plus visuel pour les élèves. Faut juste que je retrouve mes planches et je fasse la trace écrite sur la nature des mots.
        Mais avant tout cela, je dois refaire mon emploi du temps pour que je puisse faire atelier de lecture et atelier EDL, sachant que je décloisonne en anglais et que j’ai une intervenante en musique qui parfois fait 3 h d’intervention car elle a tout plein de matériel électroacoustique à installer et que si on veut que chaque élève puisse vraiment manipuler il faut du temps!
        J’attends avec hâte ton prochain article. Je t’enverrai mon emploi du temps détaillé dès que j’aurai fini les travaux de la cuisine.^^

        Publié par djenny.99 | 26 février 2014, 01:04

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